Qui sont-ils ?
Parmi les Diptères, les Athericidae constituent l’une des familles de l’Infra-Ordre des Tabanomorpha, avec les Oreoleptidae (une seule espèce présente en Amérique du Nord), les Pélécorhynchidae, les Rhagionidae, les Tabanidae (les « Taons ») et les Vermileonidae. Cette toute petite famille regroupe au moins 123 espèces pour 10 genres dans le monde, dont 10 espèces pour 4 genres en Europe. En France, la présence de 4 espèces pour 3 genres est attestée.
Classification :
- Ordre : Diptera
- Sous-Ordre : Brachycera
- Infra-Ordre : Tabanomorpha
- Famille : Athericidae
Biologie

La biologie des Athericidae est assez homogène, les larves étant exclusivement aquatiques et prédatrices. Les imagos d’Atrichops crassipes se nourriraient de sang de grenouilles. L’alimentation des imagos d’Atherix et Ibisia n’est pas connue, mais la structure de leurs mandibules suggèrent qu’elles sont également hématophages.
Les larves ne se rencontrent que dans les cours d’eau. Elles quittent le milieu aquatique pour la pupation. La larve d’A. crassipes est psammophile, tandis que les espèces des genres Atherix et Ibisia colonisent les substrats plus grossiers et les courants plus rapides, se rencontrant principalement dans les radiers.
Les œufs sont déposés au-dessus de l’eau, sur des branches, les piles ou les arches des ponts. Chez certaines espèces comme Atherix ibis, les femelles déposent leurs œufs ensemble dans une matrice glutineuse et y meurent, formant ainsi une masse contenant les œufs et d’une dizaine à plusieurs centaines de femelles mortes. Chez les espèces du genre Ibisia, de telles pontes existent mais ne se rencontrent que lorsque le peuplement est très abondant, et ne contiendraient pas de femelles mortes.
Les Athericidae sont donc très sensibles aux altérations hydromorphologiques (homogénéisation des faciès d’écoulement et des substrats, destruction de la ripisylve). Elles seraient également plutôt sensibles à la pollution des eaux.
Les imagos sont généralement rencontrés sur la végétation qui surplombe les cours d’eau et peuvent être facilement collectées au filet à papillons, en observant les feuilles et les branches au-dessus de l’eau. La période de vol s’étend principalement de mai à juillet (jusqu’en août pour Ibisia).
Détermination des espèces
La détermination des espèces de la faune de France, larves et imagos, est possible à l’aide de quatre publications.
THOMAS, A. G. B. 1974. Diptères torrenticoles peu connus : I. Les Athericidae (larves et imagos) du sud de la France (Brachycera, Orthorrhapha). Annales de Limnologie, 10 (1) : 55-84. DOI : https://doi.org/10.1051/limn/1974001
THOMAS, A. G. B. 1982. Diptères torrenticoles peu connus. VIII. Les Athericidae (Ibisia vaillanti n. sp.) du sud de la France (Brachycera, Orthorrhapha). Annales de Limnologie, 18 (1) : 81-86. DOI : https://doi.org/10.1051/limn/1982018
THOMAS A. & L. FAGGIANO. 2007. Diptères torrenticoles peu connus. XIII. La larve d’Ibisia vaillanti Thomas, 1982 et son écologie comparativement à I. marginata (Fabricius, 1781) (Diptera, Brachycera Orthorrhapha, Athericidae). Ephemera, 8 (2) : 109-120.
Seules les nymphes d’A. ibis et d’A. crassipes sont identifiables, à partir de :
THOMAS, A. G. B. 1974. Diptères torrenticoles peu connus : II. Les Athericidae (nymphes) du Sud de la France (Brachycera, Orthorrhapha). Annales de Limnologie, 10 (2) : 121-130. DOI : https://doi.org/10.1051/limn/1974014
Programme INVDa
L’objectif de cet inventaire (programme INVDa) est de rassembler des données sur l’ensemble des Diptères Athericidae de France métropolitaine pour dresser un état des lieux de leur distribution nationale. Tout entomologiste et naturaliste peut y participer selon trois protocoles :
- Transmission d’une liste d’observations. Un fichier au format Excel peut être adressé au coordinateur de cet inventaire sur simple demande, permettant ainsi de faciliter la gestion de ce programme
- Envoi de photographies : certaines espèces sont reconnaissables sur photo, notamment la larve d’A. crassipes.
- Envoi de spécimens collectés, pour identification. La conservation se réalise en alcool à 70 %. On prendra soin d’utiliser des contenants (tubes, piluliers) adaptés à la taille et au nombre des échantillons transmis. L’insertion d’un petit coton juste sous le bouchon avant la fermeture permet d’éviter les bulles d’air souvent responsables de la détérioration des spécimens lors des transports.
Tout ou partie de ces éléments sont à adresser au coordinateur de cet inventaire :
Frédéric LABAT, 13 rue de la Treille, 63170 Aubière
frederic.labat@aquabio-conseil.com
Larves et adultes sont identifiables et peuvent donc être pris en compte. Toute donnée devra être obligatoirement renseignée par les informations suivantes :
- Localité : nom de la commune (voire code INSEE) et du département ;
- Lieu-dit : information locale (pont de la D314, Bois des Girouettes,…) ou mieux : coordonnées géographiques ;
- Date de collecte ;
- Nom du collecteur ou observateur ;
- Des informations sur l’habitat peuvent être ajoutées.
Les données seront incluses dans une base de données Opie-benthos, notant nommément l’observateur, et serviront ensuite à dresser des cartes de distribution et des listes départementales consultables sur ce site et mises à jour à chaque nouveauté constatée.
Résultats principaux : bilan 2025

Dans sa deuxième année d’existence, cet inventaire a permis de rassembler des données déjà existantes sur cette petite famille de Diptères peu connue, au nombre d’espèces réduit pour ce qui concerne notre territoire métropolitain. Petite famille certes, mais connaissance de la distribution des espèces qui a encore progressé en 2025 dans l’Arc alpin, le Massif central, l’Aquitaine, comme nous l’avions annoncé dans notre précédent bilan. Pari tenu !
Il est vrai que la large distribution d’Atrichops crassipes aide bien à l’élimination des zones blanches de cette carte.
Liste faunistique
La faune de France métropolitaine est constituée de 4 espèces, reparties en 3 genres.

